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Les aventures de Jerry et Jephté en République Dominicaine.

Synergie entre le Télécentre des Jeunes et la fondation Taiguey

Publié le vendredi 20 avril 2007, par Animation Telecentre

Jerry Blanc, animateur au Télécentre des Jeunes et Jephté Marc, membre du Télécentre, ont réalisé pendant 10 jours une synergie avec le Télécentre Guanabanet à La Cienaga (République Dominicaine). Ils racontent ici leurs expériences.

La Cienaga

La Ciénaga est une petite ville côtière située au sud de la République Dominicaine à 18 kilomètres de Barahona. La commune la Cienaga est composée d’une population de 7.715 habitants (3.560 femmes et 4.155 hommes). La population de la Cienaga vit de la pêche artisanale, de la culture agricole, dont celle du café, du cacao et du corossol.

Pour se détendre, la population de cette ville dispose de deux places publiques. L’une tout près de l`unique église (catholique) de la zone (notre dame de Fatima, appartenant à la diocese de Barahona) et l’autre tout près de la plage, munie d’un terrain de basket.

Il y a des resto-clubs qui fonctionnent la nuit. Mais pour contrôler l`évolution du taux de délinquance, les autorités ont fixé la fermeture de ces derniers à minuit en semaine et à 2h du matin les vendredis et les samedis.

Tous les jeudis, Dominicains et Haïtiens se donnent rendez-vous à la gaguère située non loin de la place qui se trouve tout près de la plage pour assister aux combats de coqs. L’endroit ou cette activité se réalise est géré par un Haïtien du nom de Jovani. Ce dernier est très connu dans la zone pour ses talents de bricolage. Il dirige aussi un groupe de bande à pied (Rara).

A l`instar de certaines villes haïtiennes (les Cayes, Jacmel, etc..) les habitants (hommes, femmes, enfants) utilisent des motocyclettes comme moyens de transport.

La ville de Cienaga est habitée en grande partie par les Dominicains tandis que les zones montagneuses sont habitées par les Haïtiens qui s`occupent de la production agricole. La majorité de ces terres appartiennent aux dominicains et sont travaillées par les Haïtiens sur une base de partage.

La localité est très paisible. A la Cienaga, la présence militaire ou policière est très faible. La localité est électrifiée et les rues de la Cienaga sont asphaltées depuis plus de 3 ans. Mais en matière de technologie de communication les expériences sont très récentes. Ca fait seulement trois mois depuis que la compagnie Orange est arrivée et deux mois depuis qu’il y a Internet.

Mise à part la migration haïtienne, bon nombre de retraités occidentaux s`y installent en raison du bon climat et de la tranquillité qu`offre cette localité.

Notre travail

Pendant notre voyage on a formé 3 jeunes filles haïtiano-dominicaines (Yemina, Ingride et Jocelyne) et un haïtien assez connu dans la communauté de Cienaga (André).

Les séances de formations se sont déroulées pendant 7 jours (du 19 au 25 mars 2007). Au cours de ces échanges on a vu avec ces derniers :

a) les différentes parties d’un ordinateur
b) introduction a office 2000 (Word)
c) brève historique de l’Internet
d) comment ouvrir une page web
e) comment créer une adresse électronique
f) comment écrire et recevoir un message électronique.
g) comment discuter de manière instantanée sur internet (MSN et Skype)

Les personnes formées (Yemina, Ingrid, Jocelyne et André) serviront d’agents de contact au projet pilote/expérimental que la Fondation Taiguey a conçu dans le but d`offrir un service social facilitant la communication (par l’intermédiaire d’Internet) entre immigrants Haïtiens dans la zone de Ciénaga et ses environs avec leurs proches en Haïti.

La population haitienne de Cienaga a des difficultés énormes pour communiquer à les proches en Haïti, ceci pour de multiples raisons.

Jusqu’à décembre 2006, la zone était dépourvue de moyens de communication. Pour pouvoir communiquer par téléphone la seule option était d`aller à Barahona, ce qui est très cher en transport. Le coût des appels est de 25-30 pesos la minute. En plus, les gens font aussi face à des risques de se faire escroquer dans les postes de contrôle militaire ou ils risquent aussi la déportation immédiate.

L’utilisation de l`Internet dans un projet comme celui-ci doit permettre une communication à coût très réduit, en utilisant des outils comme le courrier électronique, les messageries instantanés (MSN, Yahoo, Skype) et voix/vidéo.

Une bonne expérience

Jerry : « Cette expérience a été bonne, car elle m’a permis de participer à un projet qui, si toutefois il se concrétise, donnera la possibilité à plusieurs de nos compatriotes de reprendre contact avec parents et amis d’Haïti. Certains sont sans nouvelles depuis plus de 20ans. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre les relations haitiano-dominicaines et de me démarquer de certains stéréotypes et d’améliorer ma capacité en langue espagnole ».

Jephté : « Cette synergie m’a été très bénéfique car j’ai eu l’opportunité de pouvoir partager mes expériences et savoirs dans le domaine des Tics. Elle m’a permis aussi de me rendre compte de la réalité des Haïtiens en République Dominicaine (rapport entre les deux peuples) et de me rendre compte des stéréotypes qui hantent les deux peuples ».

Jerry : « Avec Yacine Khelladi, coordonnateur de la fondation Taiguey, j’ai appris pas mal de choses sur Cienaga et sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication. C’est lui aussi qui nous a permis de visiter les Haïtiens vivant dans les milieux assez reculés de la Cienaga.

On a rencontré des personnalités qui travaillent dans le domaine des droits humains dans la partie sud de la République Dominicaine : Me Pedro Cuevas du Centro Dominicano de Asesori e Investigaciones Legales (CEDAIL), un avocat dominicain de mère haïtienne, qui travaille en collaboration avec le consulat haïtien dans la république voisine, Louma Michel (Ti Nanpwen), un leader qui dirige une organisation qui travaille dans le domaine des droits de migrants haïtiens en République Dominicaine depuis plus de 16 ans, le CODHA, qui travaille en collaboration avec plus de 36 organisations de base et compte plus de 5.000 membres, le père Julian Acosta, qui très impliqué dans le domaine des droits des migrants haïtiens et Genia Regale, une Haïtienne très influente dans la communauté hattienne à Barahona.

Finalement, à trois reprises j’ai joué au basket-ball avec les jeunes dominicains du quartier. »