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Orientation

Cadre d’orientation

Le Télécentre des Jeunes, centre d’accès et de formation des jeunes aux NTIC, ouvre la voie à la maîtrise d’importants circuits d’information par des jeunes de Port-au-Prince. Il entend encourager le développement d’une logique d’appropriation technologique.

Contexte

Accès à l’Internet en Haïti

Malgré l’engouement des Haïtiens pour l’Internet, considéré comme un nouvel outil de la connaissance, les statistiques révèlent que, sur les 8 millions d’Haïtiens qui forment la population du pays, il n’y aurait que 7000 clients Internet, dont 23% d’écoles et universités, 23% d’industries, 22% de résidences, 19% de cybercafés et 13% de fournisseurs d’accès.

Les individus qui ont accès à l’Internet sont en majorité des professionnels, employés de l’administration publique ou privée, des institutions non gouvernementales, des organismes internationaux, universitaires et journalistes. Globalement, il s’agit de ceux-la qui peuvent se payer un ordinateur, un abonnement auprès d’un Internet Service Provider (ISP) ou les US$ 2,50/Heure réclamés dans les cybercafés.

Jeunes et NTIC en Haïti

Les jeunes Haïtiens et Haïtiennes montrent un intérêt grandissant pour la maîtrise des NTIC. Ils ne cessent d’exprimer le souhait de pouvoir bénéficier de sources d’informations et de documentation plus riches et de développer des contacts avec d’autres partenaires afin de partager leurs connaissances et élargir leurs horizons.

Cependant, les conditions de vie de la majorité des jeunes, écoliers, étudiants, finissants, marquées par la privation et le chômage, ne leur laissent aucune possibilité de se connecter au réseau par leurs propres moyens. Parallèlement, la présence des NTIC dans les lieux formels d’apprentissage suit la courbe générale de la disponibilité de ces outils en Haïti, soit environ 0,05%.

Les écoles publiques et privées qui offrent l’opportunité d’accéder à l’Internet ne représentent qu’une infime minorité des établissements scolaires fonctionnant actuellement à Port-au-Prince. Sauf quelques rares collèges et écoles congréganistes sont dotés de laboratoires informatiques. Au niveau du secteur public, les responsables étatiques viennent à peine d’initier un programme d’aménagement d’espaces informatiques dans quelques lycées. La situation n’est pas différente en ce qui concerne les facultés et écoles supérieures.

Au-delà de la connectivité

Le simple fait de pouvoir accéder à Internet ne suffit pas, même si la connectivité est perçue comme un facteur d’importance majeure. Comme l’ont établi des chercheurs, les projets d’accès aux NTIC en Amérique Latine et dans la Caraïbe doivent aller au-delà de la connectivité. L’essentiel est de développer une attitude pro-active vis-à-vis des NTIC dans le but de contribuer de manière significative au développement.

Dépasser le phénomène de mode

De plus en plus, les NTIC apparaissent comme un phénomène à la mode. On leur attribue toutes les vertus. Avec elles s’ouvriraient automatiquement des possibilités de transparence, de démocratie et de développement. Pourtant, ce ne sont là en fait que des potentialités. La réalisation de l’utopie démocratique et progressiste à travers l’usage des NTIC dépend en grande partie du cadre social dans lequel elles sont implantées, du projet dont elles relèvent et de la manière dont le processus est conduit.

Il faut dépasser le phénomène de mode qui porte à idéaliser les NTIC ou à rester en admiration devant Internet, sans pouvoir disposer de la capacité nécessaire de faire jouer l’interactivité, interroger l’outil pour trouver l’information adéquate ni construire des réponses appropriées aux défis qu’impose la réalité.

Développer une logique d’appropriation technologique

Le Télécentre des Jeunes contribue à une meilleure appréhension des opportunités offertes, des défis, des obstacles et des implications des NTIC dans le cadre haïtien. Il permet aux jeunes de mieux profiter des ressources technologiques en termes de satisfaction individuelle, d’augmentation de leur performance dans leurs activités d’études, d’accroissement de leur bagage culturel. Ce qui influe inévitablement sur leurs conditions d’approche de leur propre réalité économique, politique et sociale et d’apport à la transformation de cette réalité.