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Protéger la santé face au changement climatique

Publié le vendredi 5 juin 2009, par Animation Telecentre

Dans le soucis d’informer, d’éduquer nos jeunes Le télécentre des jeunes vous propose cher lecteur cet article qui parle de la manière de protéger notre santé face au changement climatique à l’occasion de la journée mondial de l’environnement le 5 juin.

« Protéger la santé face au changement climatique », c’est le thème retenu cette année pour la célébration de la journée mondiale de la Santé. Après s’être attaqué au VIH/ Sida, à la peste, à la choléra, à la grippe aviaire depuis sa fondation, l’organisation issue de l’ONU livre une autre bataille universelle : sensibiliser les populations sur les impacts des changements climatiques. Haïti sera sans doute l’un des grands chantiers.

La nature subit un certain déséquilibre en raison du changement climatique ressentit à l’échelle planétaire. Le bilan des dégâts matériels enregistrés ces huit dernières années dans plusieurs régions de la terre se chiffre à plusieurs centaines de milliards de dollars et les pertes en vie humaine se comptent par milliers. Ces sinistres ont, sans nul doute, de graves répercussions sur la santé des habitants des régions les plus vulnérables. Des épidémies qui étaient censées éradiquées refont surface à la faveur de ces catastrophes.

Les changements climatiques ont une influence sur la dynamique des maladies infectieuses, il reste à déterminer le degré d’implication. Selon une étude réalisée par le Groupe de réflexion Académies et Conseil économique et social en 2006 , parmi les maladies infectieuses susceptibles de réapparaître sous l’effet de changement climatique, “il faut distinguer les maladies à transmission vectorielle comme la dengue, le paludisme et les encéphalites virales, des maladies non vectorisées mais très dépendantes des conditions climatiques, telles que le choléra qui est exacerbé par l’accroissement d’humidité”.

Les conditions climatiques ont une influence considérable sur les allergies qui constituent un problème majeur de santé publique. “Les allergies peuvent être placées parmi les maladies sous influence indirecte des variations climatiques, car elles sont dépendantes des allergènes véhiculés essentiellement par le vent et l’humidité. Un hiver très doux ou un été très sec, une variation brusque de l’hygrométrie (orage) pourront provoquer de véritables épidémies d’asthme et rhinites allergiques. La forme la plus sévère de l’allergie respiratoire, l’asthme, conduit à 180 000 décès par an en Occident”, révèle cette étude.

Dans tous les cas de figure, on constate que les personnes les plus affectées sont les enfants en bas âge et les personnes âgées, plus particulièrement les femmes.

Sécheresse, inondations, déboisement incontrôlé, épidémies... ces huit dernières années, le niveau de vie et la santé des Haïtiens se sont dégradés considérablement. Plus de 50% de la population végètent dans une misère atroce ne pouvant plus manger à leur faim. L’exode des paysans fuyant les mornes déboisés et les plaines ravagées par la sécheresse, vient gonfler les chiffres à Port-au-Prince, une capitale transformée aujourd’hui en un gigantesque bidonville où grouille misère et promiscuité.

Cette immense cité reçoit à chaque averse des tonnes d’alluvions et d’autres résidus et déchets solides. Transformés en masse compacte venant boucher les canaux d’évacuations comme Bwat chenn ou Breya, ils sont le terroir propice à la propagation de microbes, de bactéries et de virus.

La période de sécheresse affecte d’importantes régions, alors que la saison pluvieuse est de plus en plus longue et cruelle. Une enquête menée par Panos auprès des habitants des zones sensibles et vulnérables (Ouest, Nippes, Sud et Artibonite) au dernier trimestre 2007, confirme que ces changements ont de graves répercussions sur la faible production agricole, empirique et artisanale.

L’enquête de Panos révèle par ailleurs que la population haïtienne est sous informée au sujet de la problématique du changement climatique et de ses impacts. Pourtant, aucune campagne d’information n’a encore été lancée pour faire comprendre à la population que ces changements vont affecter leur environnement et leurs conditions de vie. Le déboisement intensif se poursuit impunément à travers le pays ; des maisons de fortune poussent comme des champignons dans des bassins versants ; des taudis se construisent sur des décharges à ciel ouvert, mais la vie continue.

Les inondations provoquées par le cyclone Jeanne aux Gonaïves avaient coûté la vie à 3 000 personnes, en septembre 2004. À Fond Verette et Mapou, 1 400 morts avaient été enregistrés. Quatre ans après, les infrastructures routières et sanitaires de ces localités laissent à désirer et les conditions de vie des habitants sont toujours très précaires. En raison de l’insalubrité qui règne dans les zones urbaines après les averses, on peut s’attendre à une hausse des cas de malaria. Les bassins versants étant constamment agressés par des spoliateurs contaminent des sources de captage.

Selon de récentes études publiées par des organisations non gouvernementales, l’eau non traitée est la principale cause des maladies diarrhéiques qui affectent les enfants haïtiens de moins cinq ans. Le choléra est une maladie associée à l’absorption d’eau infestée par le vibrion cholérique rejeté par les déjections humaines. “Le vibrion cholérique s’est adapté aux conditions de température et de salinité des estuaires. Capable de dormance durant des années, il peut être réactivé par des augmentations de température, puis « diffusé » par modification de la force et de la direction des courants marins”.

La prévention demeure la stratégie la plus efficace et implique le curage des égouts et des canaux d’évacuation des eaux usées ainsi que la désinfestation des sites de collecte de détritus, soutiennent des professionnels de la santé.

S’inspirant de la définition que « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité », l’OMS appelle, ce 7 avril, tous les États de la planète à se préparer à faire face au changement climatique en sensibilisant leurs populations sur les impacts de ce phénomène sur leur santé et leur niveau de vie.

Source : Panos Caraïbes
haiti@panoscaribbean.org


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