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Débats et projections Siwèl à Leogane

Publié le lundi 18 septembre 2006, par Animation Telecentre

En collaboration avec le Centre de Recherche et de Formation Economique et Sociale pour le Développement (CRESFED), Siwèl (Atelier de projection et d’expression - initiative du Télécentre des Jeunes) a visité le vendredi 25 août et le vendredi 1 septembre le Centre de Formation d’Éducation Civique et d’Assistances Communautaires aux Coopératives (CEFECACC) dans la commune de Matthieu (Leogane) avec les documentaires « Des Marelles et des Petites Filles » (Marquise Lepage) et « L’agronome » (Jonathan Demme). Lors de chaque séance, environ 50 personnes ont pris part aux débats sur l’inégalité entre filles et garçons et la liberté d’expression.

Le documentaire de Marquise Lepage, « Des Marelles et des Petites Filles », que nous avons projeté pour la troisième fois durant l’été, montre la vie des petites filles dans divers pays. Au Yémen, au Pérou, au Burkina Faso et en Haïti, partout les petites filles sont belles, partout elles jouent la marelle.

Mais partout ces filles reçoivent moins de possibilités que les garçons pour étudier, pour gagner leur vie, pour échapper a la misère. Très souvent elles sont plus vulnérables, victimes d’exploitation ou même de violence physique et psychologique. En Haïti, il y a selon le documentaire plus de 250.000 filles qui travaillent comme « restavek », comme esclaves domestiques.

D’après les données du rapport « Problématique de genre en Haïti » (D. Magloire, M. Merlet, juin 2001) près de 23% des hommes n’ont jamais fréquenté l’école dans l’ensemble du pays. Mais la situation est pire pour les femmes. Près de 32% d’entre elles n’ont jamais visité l’école. Cette inégalité entre les sexes se confirme dans les chiffres de l’analphabétisme. En Haïti, 33% des hommes ne savent ni lire ni écrire, mais chez les femmes les statistiques atteignent les 43%.

En outre, le gros du travail au foyer revient aux femmes : lessive, préparation des repas, soins aux malades, approvisionnement au marché. Peu importe si elles ont un conjoint ou pas. Souvent elles sont aussi obligées de quitter la maison pour travailler et gagner un peu d’argent. Ce qui n’est pas surprenant si on sait qu’en Haïti 43% des ménages sont des familles monoparentales. Mais les femmes gagnent moins que les hommes. En Haïti, près de 20% des femmes se situent dans les tranches de salaires les plus basses.

Le premier septembre, la salle était de nouveau bien remplie pour le documentaire « L’agronome », sur la vie du journaliste Jean Dominique. On y voit sa vie, sa lutte pour la liberté de presse, pour la démocratie en Haïti, jusqu’à ce qu’il soit abattu devant sa station, Radio Haïti Inter.

Jusqu’à maintenant les responsables du meurtre n’ont pas été retrouvés. Mais en Haiti et partout dans le monde les gens demandent justice pour Jean Dominique. Dans le débat qui a suivi le documentaire, le journaliste Ronald Colbert d’AlterPresse a répondu aux questions des participants.

Beaucoup de gens ont voulu s’exprimer, et à la fin des activités, les gens ont évalué les films et les débats comme très positifs.

Le Télécentre des Jeunes veut absolument continuer avec les activités Siwèl et est actuellement à la recherche de fonds pour rendre ces activités durables.