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maux aiguille

je t’aime plus fort

Publié le mardi 26 octobre 2004, par guadel

je t’aime encore femme

mais j’ai lassitude

de brasser les nuées du rêve

de virer les flots du souvenir

je ne peux plus continuer

à grimper dans l’Himalaya

de la patience

à la recherche du mont Everest

de ton retour

*

je t’aime encore femme

tu allumas ma bougie d’amour

flamme inextinguible

elle brille dans toutes les cavités

de mon être

et garde à distance

la caravane de l’abandon

et de la solitude

*

tes semences dans mon cœur

n’arrêtent pas de grandir

elles fleurissent

la senteur de leurs fleurs

rappelle l’amour mûri

par les soirs d’asile

*

tu te déshabillas

sous mes yeux

tu feignais d’oublier

ma présence

tu te cachas dans ton corps

je cousus

mes paupières avides

et du feu se dégagea de tous mes sens

comme des cratères d’un volcan

exposer en merveilles

dans l’enthousiasme

et l’admiration

*

tu te redressas

tu laissas glisser la couverture

ton corps

tu voulus savoir si une telle merveille

j’eus déjà vu

j’avais peur d’être l’enfer

qui t’aurait brûlé

peur d’être le purgatoire

où tu aurais eu

à purger les conséquences

de ta beauté

de ta sensualité de trop

je tentai de répondre

mais la fournaise que je fus

ce soir-là

avait tout consumé

tu me regardais comme une souche

a laquelle le soleil

s’en prend immobile

et muet

*

une de ces nuits repaires

tu m’appris à danser

une ampoule

aux regards transitoires

s’esclaffait

le charpentier invisible

des amoureux

y était

il nous cloua l’un contre l’autre

et selon la règle d’un seul carreau

que tu m’imposais

j’ai eu mon doctorat en un soir

*

je ne peux effacer

ton amour femme

et ce soir-la tu jetas ta tête

dans le haut-parleur

de ma poitrine

auditionnas

les clappements de mon cœur

le bonheur t’envahit

t’endormit

et te transporta

dans l’autre monde

celui de nos rêves fous

*

je parcourai mes mains

sur tout ton corps

et te bécotai dans tous tes cheveux

et partout d’ailleurs

sans te réveiller

comme le ouanga-négresse

qui picore

sur toutes les fleurs du cocotier

encore assommé

*

tu résidas dans le balcon

accueil dès le carrefour

d’en face

glisser la première

dans l’escalier

comme sur des patins

tu oublias toujours la clé

sourire de fleur d’inconnu

ma nature pour ta splendeur

chaque fois

un nouveau suc à m’offrir

chaque fois

j’eus un miel différent

a fabriquer dans ma ruche

d’amoureux

*

contrainte

d’aller au lit sans ton baiser du soir

récupération sous la tente

de la nuit

dans mes lèvres

emballées de somme

comme il y est toujours

*

ah !

notre première bise

tu pleurais ta joie

dans mes bras

chaque versant de larmes

correspondait à un milliard

de mètres cubes

de bonheur de plus

dans l’embouchure

de mon être

*

je bus dans la coupe

de tes lèvres

le vin blanc du premier baiser

puis on se replia

sur soi-même comme masqué

de regret et de honte

*

tu t’emballas dans ta couverture

sans laisser échapper un mot

voire un rayon

je pris retraite derrière le barreau

de l’indécision

je me blâmai tel

que toute la nuit

je ne pus dormir

comme si je venais de commettre

un crime

demain tu t’apprêtas

à filer très tôt

pour l’école

pour éviter ma vue

pour cacher la tienne

malgré mon réveil

tu filas sans me parler

au bout de la journée

un peu de taquinerie

suffisait pour décrocher

un rire dans l’horizon

de ton visage

pour l’univers du mien

*

et tu me prias

de m’asseoir au seuil

de ton lit

et de toucher

tu avais mal au cœur

je hissai perplexe ton t-shirt agile

tout engourdi de frayeur

je ne pouvais pas y croire

je tâtonnai

tu me rassuras

me touchas la main

je posai mes mains

sur le monticule de ton cœur

puis la glissai dans le val

de ta poitrine

la vibration était si intense

que tu réagis en des ondes

anormalement longues

j’y posai mes lèvres fébriles

au bout de tes seins

tu t’agrippas à moi et l’amour s’évada

du pénitencier de la timidité

il était libre jusqu’au jour

de ton départ

*

et puis un bon matin tu décidas

de nier toute existence

de rapport entre nous

tu me déclaras

que je n’étais

qu’un quêteur de haute relation

en présence de l’autre

tout à coup le sol

refusa tout contact

avec mes pieds

lui aussi méconnut mon existence

en tant qu’aimé

le toit me lança des poignées de feu

*

d’ un saut

je fis irruption dans la rue

une flamme pour couronne

je filai

comme un soldat annonceur

à l’heure

d’une invasion ennemie

l’armée de sanguinaires

de la mélancolie

me traqua

*

en arrivant chez mes sœurs

ce fut un dimanche matin

comme elles s’ occupaient

de ce qui a trait

au besoin de la table

je me vidai dans un coin

comme un sac

de vivres

destinées au marché de demain

je m évertuai

à stocker dans ma tête

le contenu

des cinq grands océans de pleurs

quelques minutes après

les sanguinaires

de la mélancolie

pénétrèrent dans la pièce

formèrent

un grand arc de cercle

autour de moi

je me gardai tête flanchée

et je vis espadons piques

flèches torches chaînes…

ils s’apprêtèrent

a s’abattre sur moi pour me ligoter

je me mis à criailler

a hennir

à braire

à mugir

à aboyer

jusqu’à ce que

*

un matin dans une chape

tomber dans un lac

de lumière douce

*

les cinq grands océans

de pleurs

réussissaient à briser

tout barrage

pour m’envahir

*

mes deux sœurs

qui bondirent sur moi

étaient loin

d’ être des secouristes

elles lamentèrent

autant que moi

en me voyant qui navigue

dans les cinq grands

océans de pleurs

*

je ne pouvais pas

les étendre la ficelle

de la vérité

plutôt je glapis

dans la pièce aux grands ennuis

des voisins

je tenais à t’exempter

de tout pré jugement

comme je t’aimais

imbécilement

mon amour était plus vif

qu’un jet de foudre

ou une lame d’éclair

a partir des cieux

qui tranche le prélart de la nuit

en une seule lancée

*

Carose et Irette décidèrent

en sœurs de sang

qu’on se noie

tous ensembles

dans les cinq grands océans de pleurs

elles s’embobinèrent

contre moi

*

je les invitèrent vainement

à faire retrait

car je suis un saule pleureur

leur dis-je

*

je devins forcément

agent de sauvetage

nous gigotâmes

dans les pleurs jusqu’à

la seconde négligée

où nous montâmes dans le canoë

d’une somme

qui nous transporta dehors

dans la plage

où elles décidèrent

de m’abandonner

non sans regret

de s’investir dans une telle bêtise

*

une rupture

dirent-elles

ne vaut pas un drame

*

moi je me gardai

sur la plage traînant l’espoir

de t’y voir pointer

je t’ai cherché un peu partout

tu n’étais nulle part

tu n’étais plus dans les bagages

des vagues

en aller retour

*

ni dans celles du zéphyr

en aller simple

tu n’étais plus dans les galets

sous le sable

en remuement

*

au bout de six mois

je te cherche encore

ma vie

est inconcevable

sans toi

oh ! oui femme

plus d’avenir pour moi

loin de ton feu

l’ombrage du souvenir

a l’air si affreux

plus de vie sans la lueur

de tes yeux

j’avais l’âme assouvie

exposée dans ton soleil

de tendresse

*

si tu te souvenais

de notre première rencontre

tu étais tellement séduisante

ce jour-là

j’avais peur du pouvoir

que tu m’avais confié

c’était comme un crime

de te toucher une rime

nos regards se faisaient équilibrer

dans les plateaux

de la balance du silence

personne n’osait toucher

un robinet de sourire

voire celui des mots

la pression

était si puissante

*

en deus heures

c’est comme si l’intérêt

ne se portais

que sur le fait

que ça allais bien pour tout un chacun

parmi tout

ce qui avait été programmé

rien qu’un bécot

et quelques regards frais

avec ton air

de noblesse

quelque chose de plus

aurait nui

à ton altesse

dans la soirée

tu allais m’appeler

pour m’exposer

l’étendard de ton ravissement

*

o femme messe de minuit

dans la plage déserte

devant les vagues glacées

et les étoiles écarquillantes

et curieuses

la lune fut le célébrant principal

il n’y eut que quatre

parcelles de nuages jouant

le rôle d’enfant de cœur

les parents

nous cherchait

jusque dans la cloche

de la chapelle

*

je t’en voulais

une seule fois

le jour où tu étais une folle

tu me chantais

tous les litanies du monde

invoquais les plus prompts

des dieux

sur ton visage le rire et la colère

s’alternaient

c’était si ardu

de me dérider le front endiablé

les larmes

goutte par goutte

tes yeux ravinaient

quelquefois tu t’exilais

dans le balcon

pour mieux supporter

ton cœur alourdi

qui gravitait autour de l’abandon

je t’observais

comme un trésor visé

prisonnière de ton for intérieur

*

épris de frayeur

je t’attrapais dans le cabas

de mes bras

et la foudre de l’amour

comme toujours

nous embrasait

*

je te provoquai en duel

vite j’étais au sol

tes genoux sur mon fiel

tu brisas le coffre

de mon pantalon

saisis ton trésor

brandis ton coutelas et dis

« a partir de maintenant

tu n’en gardes plus encore »

je crus entendre le ton fatal

et improvisé

de la voix de la mort

ce fut terreur

puis une douceur aiguë

m’étreignit

tu y roulas voracement

dans ta bouche

pour arrêter en suite

et tu te fis supplier

avant de recommencer

*

je t’aime encore femme

mais j’ai lassitude

de brasser les nuées du rêve

de virer les flots du souvenir

je ne peux plus continuer

à grimper dans l’Himalaya

de la patience

à la recherche du mont Everest

de ton retour

*

à force d’essayer

à force de résister à force

de recommencer

femme

avec des équipements de vanité

la vie me promet

de ne plus jeter un regard sur moi

de ne plus renouveler mon énergie

d’amoureux

reviens

faisons un sacrifice pour l’amour

en incinérant le passé

*

Guamacice Delice

Messages

  • Felicitations a Guadel.
    J’estime qu’il a une immagination très poussée.
    Un si jeune artiste merite d’etre encadré, car plus tard avec une certaine habitude Guadel pourra etre notre poete du siècle.

    Encore une fois Félicitations a toi. j’aime ta facon de décrire , tes ressentiments.

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